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Indigo Antoine de La Sale, la fabrique de l'oeuvre et de l'écrivain ; suivi de l'édition critique du "Traité des anciens et nouveaux tournois" | Erin Mills Town Centre
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Un médiéviste pourrait sourire aujourd'hui encore de savoir qu'en 1970 Julia Kristeva donnait une lecture sémiologique de Jean de Saintré d'Antoine de La Sale, parce qu'il se serait agi du « premier roman français écrit en prose ». On verra combien cette approche était neuve et juste. Cependant ni « la valeur personnelle de l'auteur », ni « l'importance esthétique de l'œuvre » ne l'intéressaient. Tout au contraire, c'était « plutôt par leur anonymat, ou si l'on veut par leur « insignifiance » que ces écrits mérit[ai]ent notre attention comme lieu d'un changement structural ». De façon contradictoire, le présent ouvrage entend montrer combien les textes d'Antoine de La Sale sont structurellement liés à la présence très forte, au cœur de l'œuvre ou dans son cadre, de la persona construite par l'auteur. Nul anonymat par conséquent. Quant à la question de l'insignifiance, Sylvie Lefèvre ne prétend pas qu'Antoine fut toujours un écrivain exceptionnel, mais qu'il demeure un auteur d'exceptions, oui. Son enquête sur la fabrique de l'œuvre s'articule autour de la signature, de la lettre et du recueil et est conditionnée par un retour au manuscrit, en amont des éditions modernes. En surgissent des stratégies de mise en page comme de mise en texte qui se révèlent toujours significatives.
Un médiéviste pourrait sourire aujourd'hui encore de savoir qu'en 1970 Julia Kristeva donnait une lecture sémiologique de Jean de Saintré d'Antoine de La Sale, parce qu'il se serait agi du « premier roman français écrit en prose ». On verra combien cette approche était neuve et juste. Cependant ni « la valeur personnelle de l'auteur », ni « l'importance esthétique de l'œuvre » ne l'intéressaient. Tout au contraire, c'était « plutôt par leur anonymat, ou si l'on veut par leur « insignifiance » que ces écrits mérit[ai]ent notre attention comme lieu d'un changement structural ». De façon contradictoire, le présent ouvrage entend montrer combien les textes d'Antoine de La Sale sont structurellement liés à la présence très forte, au cœur de l'œuvre ou dans son cadre, de la persona construite par l'auteur. Nul anonymat par conséquent. Quant à la question de l'insignifiance, Sylvie Lefèvre ne prétend pas qu'Antoine fut toujours un écrivain exceptionnel, mais qu'il demeure un auteur d'exceptions, oui. Son enquête sur la fabrique de l'œuvre s'articule autour de la signature, de la lettre et du recueil et est conditionnée par un retour au manuscrit, en amont des éditions modernes. En surgissent des stratégies de mise en page comme de mise en texte qui se révèlent toujours significatives.
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