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En Suivant Shimun
Indigo
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En Suivant Shimun
Current price: $15.99


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Shimun attend que le vent se calme pour que l’avion nous emporte dans le territoire. Nous avons acheté des provisions de nourriture pour tenir au moins deux mois dans le bois. On m’a offert une paire de raquettes tressées de lanières de babiche. Maniten m’a tricoté des chaussettes de laine et confectionné un chapeau en fourrure de lièvre arctique. Nuenau me prête l’une de ses paires de mocassins montants qu’elle enfonce dans mon sac avec ces mots: « Tu ne peux pas savoir comme on est bien dans Nutshimit. On marche, on pagaie, on admire le lac, les montagnes, on chasse, on coupe notre bois, on n’arrête pas un instant. Le visage de Shimun s’illumine. Ce n’est plus le même homme. Il faut que tu viennes avec nous pour comprendre. — La forêt, c’est la maison de notre père », ajoute Penassin. Une jeune femme née de l’autre côté de la mer prend seule la route. Vers le nord, obstinément, au-delà de Tadoussac, au-delà de Baie-Comeau. Elle ne consentira à s’arrêter qu’à Ekuanitshit, où elle fera la connaissance des sœurs Penassin et Nuenau ainsi que de Shimun, leur père. L’automne venu, Shimun invitera la jeune femme à parcourir avec lui Nutshimit, au cœur de la péninsule Québec-Labrador. En suivant Shimun brosse un vibrant portrait de la communauté innue à un moment charnière de son histoire. Si la vie quotidienne fait une large place à la modernité, si elle est aussi synonyme de contact avec des gens qui viennent de très loin, la fascination du territoire agit toujours comme un aimant, et l’esprit d’hospitalité des nomades dicte toujours leur conduite avec les visiteurs qui débarquent chez eux sans crier gare. Laure Morali fait ici la bouleversante chronique d’une rencontre avec une terre, avec un peuple, avec un homme.
Shimun attend que le vent se calme pour que l’avion nous emporte dans le territoire. Nous avons acheté des provisions de nourriture pour tenir au moins deux mois dans le bois. On m’a offert une paire de raquettes tressées de lanières de babiche. Maniten m’a tricoté des chaussettes de laine et confectionné un chapeau en fourrure de lièvre arctique. Nuenau me prête l’une de ses paires de mocassins montants qu’elle enfonce dans mon sac avec ces mots: « Tu ne peux pas savoir comme on est bien dans Nutshimit. On marche, on pagaie, on admire le lac, les montagnes, on chasse, on coupe notre bois, on n’arrête pas un instant. Le visage de Shimun s’illumine. Ce n’est plus le même homme. Il faut que tu viennes avec nous pour comprendre. — La forêt, c’est la maison de notre père », ajoute Penassin. Une jeune femme née de l’autre côté de la mer prend seule la route. Vers le nord, obstinément, au-delà de Tadoussac, au-delà de Baie-Comeau. Elle ne consentira à s’arrêter qu’à Ekuanitshit, où elle fera la connaissance des sœurs Penassin et Nuenau ainsi que de Shimun, leur père. L’automne venu, Shimun invitera la jeune femme à parcourir avec lui Nutshimit, au cœur de la péninsule Québec-Labrador. En suivant Shimun brosse un vibrant portrait de la communauté innue à un moment charnière de son histoire. Si la vie quotidienne fait une large place à la modernité, si elle est aussi synonyme de contact avec des gens qui viennent de très loin, la fascination du territoire agit toujours comme un aimant, et l’esprit d’hospitalité des nomades dicte toujours leur conduite avec les visiteurs qui débarquent chez eux sans crier gare. Laure Morali fait ici la bouleversante chronique d’une rencontre avec une terre, avec un peuple, avec un homme.



















