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La chasse au paysan
Indigo
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La chasse au paysan
By None
Current price: $11.99


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Il ne faut pas confondre le paysan et l’exploitant agricole. L’exploitant agricole est intégré à la société industrielle et parfaitement rentable. Le paysan perpétue sur des terres trop pauvres ou trop exiguës un mode de vie radicalement différent : celui de la vieille civilisation rurale qui a modelé tous nos paysages de France. Il est l’héritier d’une culture très riche et d’un rapport complexe et spontanément écologique avec la nature. C’est cet homme que les technocrates européens pourchassent depuis les années 50 et veulent voir disparaître parce que “non rentable”. Cette disparition largement entamée semble inéluctable. Les villages se dépeuplent ou sont envahis par des résidents secondaires qui ne leur donnent qu’une vie factice deux mois par an et les fins de semaine. Les commerçants et les artisans liés au monde rural ferment. La campagne devient peu à peu un désert. Ce désert risque de devenir un roncier où la maintenance même des équipements publics minimums ne sera plus assurée, ni la sécurité. Plus grave peut-être, un paysage millénaire et beau, et surtout un certain rapport avec la nature risquent de disparaître à jamais. En dehors de l’univers de béton des villes surpeuplées et des grandes terres à céréales parcourues par les machines agricoles américaines, il n’y aura bientôt plus rien. Les paysans sont cette frange muette de la société qui risquent d’emporter bientôt dans la tombe un secret essentiel à notre avenir : la mémoire d’une tradition d’équilibre avec la nature. Madeleine Lefrançois : journaliste à la Voix du Nord, est née et a vécu à la terre et sait de quoi elle parle.
Il ne faut pas confondre le paysan et l’exploitant agricole. L’exploitant agricole est intégré à la société industrielle et parfaitement rentable. Le paysan perpétue sur des terres trop pauvres ou trop exiguës un mode de vie radicalement différent : celui de la vieille civilisation rurale qui a modelé tous nos paysages de France. Il est l’héritier d’une culture très riche et d’un rapport complexe et spontanément écologique avec la nature. C’est cet homme que les technocrates européens pourchassent depuis les années 50 et veulent voir disparaître parce que “non rentable”. Cette disparition largement entamée semble inéluctable. Les villages se dépeuplent ou sont envahis par des résidents secondaires qui ne leur donnent qu’une vie factice deux mois par an et les fins de semaine. Les commerçants et les artisans liés au monde rural ferment. La campagne devient peu à peu un désert. Ce désert risque de devenir un roncier où la maintenance même des équipements publics minimums ne sera plus assurée, ni la sécurité. Plus grave peut-être, un paysage millénaire et beau, et surtout un certain rapport avec la nature risquent de disparaître à jamais. En dehors de l’univers de béton des villes surpeuplées et des grandes terres à céréales parcourues par les machines agricoles américaines, il n’y aura bientôt plus rien. Les paysans sont cette frange muette de la société qui risquent d’emporter bientôt dans la tombe un secret essentiel à notre avenir : la mémoire d’une tradition d’équilibre avec la nature. Madeleine Lefrançois : journaliste à la Voix du Nord, est née et a vécu à la terre et sait de quoi elle parle.


















