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UN LONG CHEMIN TRANQUILLE
Indigo
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UN LONG CHEMIN TRANQUILLE
By None
Current price: $8.06


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Size: Kobo eBook
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Ce livre n’est pas né dans le calme. Il est né entre deux perfusions, sous des néons qui bourdonnent, avec des écouteurs vissés sur les oreilles et un bagel refroidi sur la table de nuit. Il est né de la conviction obstinée qu’on peut traverser l’enfer sans perdre ni son humour, ni sa syntaxe. Je ne suis pas médecin. Je suis le terrain d’expérimentation. Cancer triple négatif. Encéphalite limbique. Néphrectomie. Insuffisance cardiaque. Syndrome de Lyell. Épilepsie. Polyglobulie. Trente mois de guerre totale contre mon propre organisme — et autant de diagnostics tamponnés sur mon passeport pour l’Absurdistan, ce pays imaginaire où j’ai élu domicile sans l’avoir demandé. J’aurais pu écrire un témoignage. Sobre. Chronologique. Avec des chapitres bien rangés et une conclusion apaisante sur la résilience. Je n’ai pas pu. Parce que la résilience, quand on la regarde de près, ressemble surtout à de l’obstination mal élevée. Parce que la douleur, quand on la laisse parler, a le sens de l’humour. Et parce que le seul moyen que j’ai trouvé de survivre à tout ça sans mourir d’ennui, c’est d’en faire de la littérature. Chaque chapitre porte le nom d’une ville. Chaque ville porte le nom d’un combat. Tokyo pour l’anesthésie. Kyoto pour le scalpel. Venise pour le rein perdu. Londres pour le sang qui se rebelle. Ce livre est un atlas. Mon corps en est la légende. À mes côtés dans cette traversée : Rodolphe. Mon fils. Mon axe. Autiste comme moi, précis comme un scalpel, drôle comme une catastrophe bien orchestrée. Sans lui, ces pages n’existeraient pas. Avec lui, elles ont trouvé leur rythme. Ce que vous tenez entre les mains n’est pas un livre sur la maladie. C’est un livre sur ce qui tient debout quand tout le reste cède. Sur la verticalité comme acte politique. Sur le rire comme seule réponse digne à l’absurde. Val Takayama Aix-en-Provence, mars 2026
Ce livre n’est pas né dans le calme. Il est né entre deux perfusions, sous des néons qui bourdonnent, avec des écouteurs vissés sur les oreilles et un bagel refroidi sur la table de nuit. Il est né de la conviction obstinée qu’on peut traverser l’enfer sans perdre ni son humour, ni sa syntaxe. Je ne suis pas médecin. Je suis le terrain d’expérimentation. Cancer triple négatif. Encéphalite limbique. Néphrectomie. Insuffisance cardiaque. Syndrome de Lyell. Épilepsie. Polyglobulie. Trente mois de guerre totale contre mon propre organisme — et autant de diagnostics tamponnés sur mon passeport pour l’Absurdistan, ce pays imaginaire où j’ai élu domicile sans l’avoir demandé. J’aurais pu écrire un témoignage. Sobre. Chronologique. Avec des chapitres bien rangés et une conclusion apaisante sur la résilience. Je n’ai pas pu. Parce que la résilience, quand on la regarde de près, ressemble surtout à de l’obstination mal élevée. Parce que la douleur, quand on la laisse parler, a le sens de l’humour. Et parce que le seul moyen que j’ai trouvé de survivre à tout ça sans mourir d’ennui, c’est d’en faire de la littérature. Chaque chapitre porte le nom d’une ville. Chaque ville porte le nom d’un combat. Tokyo pour l’anesthésie. Kyoto pour le scalpel. Venise pour le rein perdu. Londres pour le sang qui se rebelle. Ce livre est un atlas. Mon corps en est la légende. À mes côtés dans cette traversée : Rodolphe. Mon fils. Mon axe. Autiste comme moi, précis comme un scalpel, drôle comme une catastrophe bien orchestrée. Sans lui, ces pages n’existeraient pas. Avec lui, elles ont trouvé leur rythme. Ce que vous tenez entre les mains n’est pas un livre sur la maladie. C’est un livre sur ce qui tient debout quand tout le reste cède. Sur la verticalité comme acte politique. Sur le rire comme seule réponse digne à l’absurde. Val Takayama Aix-en-Provence, mars 2026


















